Corps esthétisés, parés, domptés et éthique du paraître – autour du dandysme au temps d’Eugène Sue
摘要
Le roman « tend chaque jour davantage […] à se faire la chambre obscure de la société. Là, en effet, est tout son avenir. Plus il sera fidèle en décalquant le monde, plus il se mêlera à nos passions intimes, à nos désirs, à nos pensées, plus nous nous abandonnerons à son autorité » (Souvestre 1836 : 124sq.), avance Émile Souvestre en 1836 dans la Revue de Paris. Contrairement au roman classique d’analyse qui privilégie le psychologique et « nie le corps » (Kerlouégan 2006 : 30), le roman de l’époque romantique « affirme la puissance de la passion et des sens – donc du corps » (ibid.). Son ambition de figurer le réel offre au corps l’opportunité de sa représentation, la grande plasticité du genre autorisant à dire « tout le réel, dans sa complexité et sa trivialité, y compris […] cet objet complexe, troublant, et donc en apparence indicible qu’est le corps » (ibid.).