Pour une délimitation des niveaux d’équivalence phraséologique entre langues romanes
摘要
This study presents a delimitation of phraseological equivalence between four Romance languages (French, Spanish, Italian and Portuguese) based on Korhonen’s classification (2007) and focusing only on total and partial qualitative equivalence. In addition to morphosyntactic, lexical, semantic and pragmatic equivalence, the frequency of use of phraseological equivalents in two or more languages proves to be an essential parameter for evaluation at the level of the language system. To achieve this, it is necessary to check the frequency of use in parallel (EUROPARL7) and comparable (TenTen) corpora in order to identify potential discrepancies between the number of occurrences for each language. Then the equivalents are measured according to a scale that allows to classify cross-language occurrences into low, medium and high frequency. Another parameter to be used for this delimitation are phraseological false friends, of which there are two distinct types: on the one hand, complete semantic false friends, such as the French phraseological unit (PU) de but en blanc and the Spanish de punta en blanco or the Italian né arte né parte and the Spanish ni arte ni parte and, on the other hand, partial semantic false friends, such as the Spanish PU doblar el espinazo and its French equivalent courber l’échine or the Spanish PU tener pelos en el corazón and its Portuguese equivalent ter cabelos no coração. An important part of this study is devoted to the phenomenon of phraseological calques, expressions mostly translated from English and whose use has spread extensively in the last decades. Although these calques are often shared by Romance languages, such as pleurer sur le lait renversé (from English cry over spilt milk), they do not have the same impact in the different languages. Finally, another parameter that must be taken into consideration in the delimitation of phraseological equivalence concerns diatopic differences, especially for European Spanish, Portuguese and French, in contrast with the use and extension of a number of calques in their American varieties. Cette étude propose une délimitation de l’équivalence phraséologique entre quatre langues romanes (français, espagnol, italien et portugais) en partant de la classification de Korhonen (2007) et en se centrant uniquement sur l’équivalence qualitative totale et partielle. Outre l’équivalence sur les plans morphosyntaxique, lexical, sémantique et pragmatique, la fréquence d’emploi des équivalents phraséologiques dans deux ou plusieurs langues se révèle un paramètre essentiel d’évaluation au niveau du système de la langue. Pour y parvenir, il s’avère nécessaire d’en vérifier la fréquence dans des corpus parallèles (EUROPARL7) et comparables (TenTen) afin de repérer d’éventuels écarts entre le nombre d’occurrences pour chaque langue. Ensuite, les équivalents sont mesurés suivant une échelle qui permet de classer les occurrences interlangues en fréquence basse, moyenne et haute. Un autre paramètre qui doit servir à cette délimitation, ce sont les faux amis phraséologiques, dont on distingue deux types : d’une part, les faux amis sémantiques complets, comme avec l’unité phraséologique (UP) française de but en blanc et l’UP espagnole de punta en blanco ou l’UP italienne né arte né parte et l’UP espagnole ni arte ni parte et, d’autre part, les faux amis sémantiques partiels comme avec l’UP espagnole doblar el espinazo et son UP équivalente française courber l’échine ou l’UP espagnole tener pelos en el corazón et son UP équivalente portugaise ter cabelos no coração. Une partie importante de cette étude est consacrée au phénomène des calques phraséologiques, des expressions pour la plupart traduites de l’anglais et dont l’usage s’est répandu de façon extensive dans les dernières décennies. Bien que ces calques soient partagés par les langues romanes, comme par exemple pleurer sur le lait renversé (de l’anglais cry over spilt milk), ils n’ont aucunement la même incidence en fonction des langues. Enfin, un autre paramètre qui doit être pris en compte dans la délimitation de l’équivalence phraséologique concerne la différence diatopique, plus particulièrement pour l’espagnol, le portugais et le français européens, en contraste avec l’usage et l’extension de certains calques dans leurs variétés américaines.