L’adverbe restrictif só en portugais européen et ses équivalents fonctionnels en français
摘要
Languages have discrete multifunctional discourse units whose specific contribution to meaning in context is difficult to isolate, e.g. discourse particles. Arriving at the semantic identity of a unit requires a progressive abstraction that makes use of what is called «epilinguistic activity» by A. Culioli (1999, 74). Some epilinguistic activity is intralingual, some is interlingual, translation being part of the latter. As such, translation interests the linguist describing a unit of a given language. European Portuguese (EP) só and French (FR) seulement are a good example of problematic linguistic units for translators and interpreters that share some uses but are not always functional equivalents. Analysing in bilingual parallel corpora the French functional equivalents of só is a way to identify the marker’s specificity. For that purpose, I have relied on three different corpora: I have found that even though the majority of translations of sentences containing só were quite straightforward, a fair proportion of them, particularly when só occupies the first position in the sentence, have undergone a substantial structural transformation in translation (cleft and semicleft constructions, expansion as a translation strategy). In order to provide linguists with some material that can help them gain a better understanding of EP só, and furnish translators with new translation routines, I have tried to classify the most typical sorts of indirect translations, according to só’s scope (the topic, an element of the predicative relation, the whole sentence, a speech act). Les langues possèdent de discrètes unités discursives multifonctionnelles dont la contribution au sens en contexte est difficile à isoler, parmi lesquelles les particules discursives. Cerner l’identité sémantique d’une unité demande un travail d’abstraction progressive qui recourt à ce que A. Culioli (1999, 74) appelle l’« activité épilinguistique ». Une partie de l’activité épilinguistique est intralinguale, une autre, à laquelle ressortit la traduction, est interlinguale. À ce titre, la traduction intéresse le linguiste qui décrit une unité d’une langue particulière. Les particules discursives du portugais européen (PE) só et du français seulement fournissent un bon exemple d’unités linguistiques problématiques pour les traducteurs et les interprètes, unités qui partagent certains de leurs emplois mais ne sont pas toujours des équivalents fonctionnels. Analyser dans des corpus bilingues parallèles les équivalents fonctionnels en français de só est un moyen pour identifier la spécificité de ce marqueur. Pour ce faire, nous avons eu recours à trois corpus distincts : Nos résultats montrent qu’en dépit du fait que la traduction de la majorité des phrases contenant só est assez immédiate, une proportion significative d’entre elles a subi lors de la traduction une profonde transformation structurelle (structures clivées et semi-clivées, stratégies d’étoffement). De façon à fournir aux linguistes matière à les aider à mieux comprendre le fonctionnement de só en PE, ainsi qu’aux traducteurs des routines de traduction, nous avons essayé de classer les traductions indirectes les plus typiques en fonction des unités sur lesquelles elles portent (topique, élément de la relation prédicative, énoncé entier, acte de parole).