Les chaînes de référence dans les résumés de films. Étude contrastive allemand-anglais-français
摘要
This article is an extension of previous studies on the introduction and referential sequence of characters in narrative genres. Here we approach the question with a non-literary and littlestudied brief genre: film summaries. Owing to their aim and their media, film summaries constitute a particular narrative genre. They aim at inviting potential spectators to go and see a film whose narrative framework is presented to them; they must set a spatio-temporal framework and present the key characters of a plot reduced to its bare minimum, so as not to spoil the subject. This results in texts with an average word count of around one hundred. We can assume that the constraints of this routine genre weigh heavily on the construction of the characters, which differs from what has been observed in novels. Our objective is to determine to what extent the character construction processes are constitutive of a genre (and not only of a type of text or of a language). We adopt a trilingual contrastive approach (English-German-French) in order to measure the importance of genre in relation to language. Our study is based on a trilingual corpus of 120 summaries (40 per language), whose reference chains are annotated and analyzed using two tools (SACR and CR Viewer). First, we present the characteristics of the corpus and the relevant parameters for the study of reference chains. Second, we show that in film summaries all the information relating to the characters is carried by synthetic linguistic means. The parameters defined in the first part allow us to draw up profiles based on the methods of introduction and recovery of the characters. For example, the study of reference chains makes it possible to reveal the importance of the characters in the plot and the relationships they maintain between them. This study is thus at the crossroads of works showing the impact of the genre on the one hand and those showing the impact of the language of writing on linguistic formulations on the other hand. Notre propos s’inscrit dans le prolongement d’études antérieures portant sur l’introduction et le suivi référentiel des personnages dans les genres narratifs. Nous abordons ici la question dans un genre bref non littéraire et peu étudié : les résumés de films. Par leur visée et leur support, ils constituent un genre narratif particulier. Il s’agit en effet d’inviter de potentiels spectateurs à aller voir un film dont leur est proposé une trame narrative ; il faut poser un cadre spatiotemporel et présenter les personnages-clés d’une intrigue réduite à sa portion congrue, pour ne pas « déflorer » le sujet. Il en résulte des textes dont le nombre de mots moyen avoisine la centaine. On peut supposer que les contraintes de ce genre discursif routinier pèsent lourdement sur la construction des personnages, qui diffère de ce qui a pu être observé notamment dans le roman. Notre objectif est de déterminer dans quelle mesure les procédés de construction des personnages sont constitutifs d’un genre de discours (et non seulement d’un type de texte – ici narratif – ou d’une langue). Nous adoptons pour cela une approche contrastive trilingue (anglais-allemand-français) afin de mesurer le poids du genre par rapport à celui de la langue. Notre étude s’appuie sur un corpus trilingue de 120 résumés (40 par langue), dont les chaînes de référence sont annotées et analysées par le biais de deux outils logiciels (SACR et CR Viewer). Dans un premier temps, nous présentons les caractéristiques du corpus et les paramètres pertinents pour l’étude des chaînes de référence. Dans un second temps, nous montrons que, dans les résumés de film, toutes les informations relatives aux personnages sont portées par des moyens linguistiques synthétiques. Les paramètres définis dans la première partie nous permettent à partir des modalités d’introduction et de reprise des personnages de dresser des profils. L’étude fine des chaînes de référence permet par exemple de révéler l’importance des personnages dans l’intrigue et les relations qu’ils entretiennent entre eux. Cette étude s’inscrit ainsi à la croisée des travaux montrant l’impact qu’exercent, d’une part, le genre discursif d’occurrence et, d’autre part, la langue de rédaction, sur les faits langagiers.