Le gardien de la Constitution revisité: entre le politique et le juridique
摘要
Le problème du gardien de la Constitution est l’un des plus classiques du Droit Constitutionnel et, spécialement, de la Justice Constitutionnelle. Si ce thème évoque naturellement la discussion entre Carl Schmitt et Hans Kelsen, n’oublions pas que la problématique est antérieure (au Portugal, par exemple, elle était discutée, au XIXe siècle, justement à cause du contrôle de la constitutionnalité de certains décrets gouvernementaux), et que ses graines continuent de germer aujourd’hui encore. En effet, la nature complexe de la Constitution, qui comprend des moments politiques au-delà des moments juridiques, se reflète sur le dilemme qui module la Justice Constitutionnelle, tant qu’elle doit rencontrer son propre chemin, tout en prenant conscience des difficultés provoquées par les vagues qui dominent le tourbillon entre Scylla et Charybde, vers une politisation du droit. D’une part, les attributions spécifiques des Cours Constitutionnelles rendent de plus en plus difficile la délimitation des questions juridiques parmi les innombrables questions constitutionnelles – un aspect qui demande la confrontation de ces attributions avec la juridiction ou la fonction juridictionnelle. D’autre part, les dictamens de l’économie et des finances – enfin, les considérations propres d’une rationalité stratégique – s’introduisent silencieusement (de façon presque inaperçue) dans les fondements des décisions des Cours Constitutionnelles – ce qui donne lieu à des réflexions sur la possibilité de la convocation des méthodes d’interprétation orientées par les résultats de la décision, sur les limites de l’activisme du juge constitutionnel et sur l’autonomie du droit face à la politique. The problem of the guardian of the Constitution is one of the most classical in Constitutional Law, especially in Constitutional adjudication. While this theme naturally evokes the discussion between Carl Schmitt and Hans Kelsen, the issue precedes this doctrinal quarrel (for example, in Portugal, it was discussed in the nineteenth century, precisely due to the control of the constitutionality of certain government decrees), and its seeds continue to germinate even today. The complex nature of the Constitution, which includes political moments beyond juridical ones, is reflected in the dilemma that shapes Constitutional adjudication. Therefore, it shall find its own way while becoming aware of the difficulties caused by the waves that dominate the whirlpool between Scylla and Charybdis, toward a politicization of law. On one hand, the competences of Constitutional Courts make it increasingly difficult to identify juridical problems among the countless constitutional issues—a matter that requires confronting those competences with jurisdiction. On the other hand, the dictates of economy and finance—that is to say, the considerations specific to strategic rationality—silently and almost imperceptibly infiltrate the foundations of the decisions of Constitutional Courts. This reality leads to reflections on the possibility of resorting to result-oriented methods of interpretation, the limits of judicial activism, and the autonomy of law from politics.