Husserl et la structure de la conscience affective
摘要
L’objectif de ce chapitre est d’aborder le sujet des sentiments dans la pensée de Husserl et de prendre la mesure de ses analyses sur la sphère affective (Gemütssphäre) pour ce qui est de leur pertinence relative aux discussions menées jusqu’ici. Commençons par la classification des actes dans les Recherches Logiques : l’analyse de l’intentionnalité dans cet ouvrage de Husserl prend pour point de départ la bipartition des actes de conscience en actes objectivants et non objectivants, en la substituant à la tripartition brentanienne entre actes représentatifs, judicatifs et émotifs. De même que pour Brentano les actes judicatifs et émotifs ont pour base les actes représentatifs, pour Husserl les actes non objectivants se fondent sur les actes objectivants. Autrement dit, tout acte non objectivant présuppose un acte objectivant. D’un côté, les actes objectivants peuvent être nominaux (non propositionnels), à l’instar des actes perceptifs, ou bien propositionnels, c’est-à-dire les actes judicatifs. Tout acte objectivant « vise » un objet. D’un autre côté, Husserl range les actes émotifs et conatifs parmi les actes non objectivants. Cette dénomination ne semble pourtant valide qu’à la condition d’entendre par « objet » soit des choses physiques avec ses déterminations spatiotemporelles soit des objets de pensée. Les actes non objectivants méritent leur nom du fait qu’ils ne représentent aucun objet naturel ou intelligible. Cela n’empêche que ces actes ont eux aussi une directionnalité intentionnelle corrélée aux certaines objectités qui leur sont propres. On y est témoin d’un dédoublement de l’intentionnalité, car, même s’il est vrai que les actes émotifs et conatifs doivent leur intentionnalité à des actes objectivants, ils en possèdent aussi eux-mêmes :