<p>Dans la traduction littéraire, les noms propres traduits offrent un terrain d’expression révélateur des techniques adoptées par le traducteur face à l’altérité culturelle. La présente étude porte sur la traduction par le sinologue-traducteur français André Lévy des 122 noms des démons recensés dans <i>La Pérégrination vers l’Ouest</i>, chef-d’œuvre du « roman de divinités et de démons » (<i>shenmo xiaoshuo</i>), sous-genre propre à la littérature chinoise classique. L’analyse quantitative révèle que le traducteur recourt à 7 techniques de traduction : transcription phonétique, traduction littérale, ajout, généralisation, substitution, transformation et omission. Parmi celles-ci, la traduction littérale (41,5%), l’ajout (19,5%) et la substitution (18,2%) dominent largement. L’étude démontre que ces choix traductifs sont conditionnés par la position et les visées traductives de Lévy : premièrement, le recours fréquent à la traduction littérale manifeste sa volonté de préserver l’altérité du texte source ; deuxièmement, l’usage de l’ajout répond à l’objectif de construire un savoir mythologique chinois accessible au lectorat français ; enfin, la substitution permet de réinscrire l’œuvre dans le champ du roman fantastique occidental, favorisant ainsi son acceptabilité auprès du public cible. Cette étude fournit de nouvelles pistes de réflexion pour la recherche sur la traduction de la littérature chinoise classique en Occident.</p>

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Nommer les démons de l’Autre : le cas de la traduction de La Pérégrination vers l’Ouest par André Lévy

  • Qiang Zhang,
  • Wanying Hu,
  • Nana Pang

摘要

Dans la traduction littéraire, les noms propres traduits offrent un terrain d’expression révélateur des techniques adoptées par le traducteur face à l’altérité culturelle. La présente étude porte sur la traduction par le sinologue-traducteur français André Lévy des 122 noms des démons recensés dans La Pérégrination vers l’Ouest, chef-d’œuvre du « roman de divinités et de démons » (shenmo xiaoshuo), sous-genre propre à la littérature chinoise classique. L’analyse quantitative révèle que le traducteur recourt à 7 techniques de traduction : transcription phonétique, traduction littérale, ajout, généralisation, substitution, transformation et omission. Parmi celles-ci, la traduction littérale (41,5%), l’ajout (19,5%) et la substitution (18,2%) dominent largement. L’étude démontre que ces choix traductifs sont conditionnés par la position et les visées traductives de Lévy : premièrement, le recours fréquent à la traduction littérale manifeste sa volonté de préserver l’altérité du texte source ; deuxièmement, l’usage de l’ajout répond à l’objectif de construire un savoir mythologique chinois accessible au lectorat français ; enfin, la substitution permet de réinscrire l’œuvre dans le champ du roman fantastique occidental, favorisant ainsi son acceptabilité auprès du public cible. Cette étude fournit de nouvelles pistes de réflexion pour la recherche sur la traduction de la littérature chinoise classique en Occident.